Le siège de Belfort 1870 - 1871

La Guerre Franco-Allemande, appelée aussi guerre Franco-Prussienne, (19 juillet 1870 - 28 janvier 1871) opposa le Second Empire Français et les royaumes allemands unis derrière le Royaume de Prusse.

Le conflit marqua le point culminant de la tension entre les deux puissances, résultant de la volonté prussienne de dominer toute l'Allemagne, qui n'était alors qu'une fédération d'Etats indépendants. La défaite de la France entraîna la chute de son Empire.

Cette guerre de souligna les lacunes du système défensif français. Face aux armées Prussiennes et Bavaroises, les Français, mal préparés et mal commandés se battaient avec l'énergie du désespoir.

Après les prises de Strasbourg le 27 septembre1870, de Mulhouse le 3 octobre et de Colmar le 8, les troupes prussiennes arrivèrent devant Belfort le 4 novembre. Le maréchal prussien Moltke à la tête de 40 000 hommes établit un siège autour de la cité. La ville était alors gouvernée par le colonel français Pierre Denfert-Rochereau à la tête de 16 200 hommes dont 3 500 seulement de l'armée active ; le reste des troupes étant composé de douaniers, de gendarmes et de gardes mobiles de différentes régions : des compagnies, régiments et bataillons venant du Haut-Rhin, de Haute Saône, de Saône et Loire, des Vosges ainsi que deux batteries de la Garde Mobile de la Haute-Garonne à laquelle appartenait Firmin Pons.

Un siège de 103 jours commençait. Le 3 décembre, un bombardement terrible était lancé depuis Essert par les Prussiens. Il allait durer 73 jours.

Le 8 janvier, les troupes prussiennes s'attaquèrent à Danjoutin et s'emparèrent du village malgré la résistance opiniâtre des habitants.

Les 15 et 16 janvier, le général Bourbaki, à la tête de 100 000 hommes tenta de débloquer Belfort mais il échoua.

Les armées prussiennes qui, jusqu'à présent ne pouvaient envoyer que des obus en raison de leur distance, une fois à Danjoutin, commencèrent à lancer des bombes sur Belfort. L'effet de ces dernières fut désastreux, elles provoquèrent un grand nombre d'incendies.

Cependant, grâce au courage de quelques soldats volontaires n'hésitant pas à franchir les lignes ennemies, Belfort ne fut jamais complètement isolée et les missives et journaux continuèrent d'arriver. Les Belfortains restèrent donc informés, notamment grâce au Journal du siège créé par M. Favret pour les circonstances.

Le 13 février, Denfert-Rochereau reçut une dépêche du gouvernement de la défense nationale lui ordonnant de remettre la place aux Allemands. Belfort se rendit le 18 février 1871 alors que Paris avait déjà capitulé depuis le 28 janvier.

Les pertes furent importantes. 459 personnes moururent du fait de la guerre et 823 moururent des épidémies qui ont suivi (variole, typhoïde, dysenterie…). Les pertes matérielles furent évaluées à 2 762 872 francs-or.

Le président du gouvernement de la défense nationale, Adolphe Thiers, obtint de la Prusse que le territoire de Belfort resta français après l'annexion par l'Empire allemand du département du Haut-Rhin dont l'arrondissement de Belfort faisait partie. En échange, la France dut céder à l'occupant une partie supplémentaire de la Lorraine.

En 1871, Belfort devint le chef-lieu du Territoire de Belfort créé sur les restes du Haut-Rhin.

Belfort pour sa conduite héroïque face aux assiégeants devint un département français, le Territoire de Belfort, mais resta occupée par les Prussiens jusqu'en 1873.

La carte postale est extraite du site : http://pagesperso-orange.fr/jean.martin/Belfort/Belfort1.htm avec l'aimable autorisation de Monsieur Jean Martin.