Traduit en arabe à plusieurs reprises depuis le IXe siècle, le Traité de matière médicale de Dioscoride (Ier siècle ap. J.-C.) servit de point de départ au développement de la pharmacopée savante. L’extension du monde musulman dans diverses zones climatiques, les habitudes régionales et l’activité commerciale contribuèrent à élargir notablement l’éventail des produits naturels utilisés. Les modes de préparation ont connu aussi un grand perfectionnement. Eaux distillées, mélanges complexes de consistances savamment étudiées, compositions à base de sucre ou de cire fournirent toute une gamme de moyens thérapeutiques.
Contrôlé par des inspecteurs, le pharmacien ou droguiste tenait la plupart du temps son échoppe au marché. Dans la vie courante, il est probable qu’il n’hésitait pas à donner quelques consultations. En théorie, la prescription revenait toutefois au médecin qui ordonnait soit des préparations fabriquées à l’avance par le pharmacien, suivant des recettes codifiées dans les livres de pharmacopée, soit des médicaments dont il avait lui-même prévu la composition.
| Biographie : Ibn al-Baytâr |