La science du temps (‘ilm al-mîqât) comprenait l’ensemble des pratiques qui visaient à connaître, scientifiquement, le temps et, en particulier, les moments des cinq prières quotidiennes des musulmans. Depuis l’avènement de l’islam et jusqu’au début du IXe siècle, les moments des prières étaient déterminés à l’aide de l’allongement de l’ombre du sommet d’une tige verticale (gnomon), pour le zuhr et le ‘asr, ou en observant certaines étoiles, la nuit.
C’est al-Khwârizmî (m. 850) qui aurait donné la première réponse scientifique à ce problème, en réalisant des tables astronomiques, basées sur des calculs trigonométriques. C’est également au IXe siècle que des astronomes ont décrit des procédés qui permettaient de connaître l’heure du jour et de la nuit en utilisant l’astrolabe ou le quadrant sinus. Plus tard, ont été élaborés des instruments « universels » utilisables pour toutes les latitudes. À partir du XIIIe siècle, on a nommé dans certaines mosquées des muwaqqit, c’est à dire des préposés, à la détermination des heures des prières. Le grand astronome du XIVe siècle, Ibn as-Shâtir, a exercé cette fonction à la mosquée des Omeyyades de Damas.