Saint Saturnin

Saint Saturnin, premier évêque et martyr de Toulouse subit le martyre de manière originale aux environ de 250. Premier pasteur de la petite communauté chrétienne organisée à Toulouse dans les années de calme qui précédèrent le règne de Dèce, il fut massacré par une foule exaspérée de son refus de faire allégeance au culte impérial officiel. Attaché à la queue du taureau préparé pour être la victime du sacrifice prescrit par l'édit impérial, Saturnin devient lui-même victime de la persécution romaine et, ce qui explique peut-être sa popularité dans toute la Gaule, un des premiers et rares évêques martyrs en Gaule . Après une période de latence, son culte se développe très rapidement sous l'impulsion des premiers évêques toulousains, Hilaire, Silve et surtout Exupère. Entre 403 et 408, ce dernier organise le transfert des reliques du premier martyr toulousain dans la basilique prévue à cet effet par son prédécesseur Silve. A cette occasion, il fait rédiger les actes officiels du martyre (connus sous le nom de Passio antiqua, , sous forme d'un panégyrique reprenant vraisemblablement des textes antérieurs. D'une très grande sobriété, ils peuvent être considérés comme un des documents les plus vénérables de l'Eglise des Gaules, aux côtés des actes des martyrs de Lyon. Relayé par quelques grands écrivains mérovingiens (Césaire d'Arles, Grégoire de Tours, Fortunat, etc.) le culte de Saturnin se répand dans toute la Gaule, principalement à l'intérieur des limites du royaume wisigothique, mais aussi dans le reste du territoire. On voit se fonder des églises sous son patronage, des reliques circuler et devenir elles-mêmes objet d'un culte propre. Martyre de Saint Saturnin A Toulouse, un pèlerinage s'organise autour de la basilique élevée par Exupère. Mais le pèlerin qui vient se recueillir sur sa tombe est fortement incité à visiter les autres lieux honorés de son souvenir : celui de son supplice et celui de sa première sépulture. Dans chaque église où son nom est invoqué, on prend soin de réunir un dossier contenant non seulement les textes destinés à l'édification des fidèles mais aussi les pièces liturgiques nécessaires à la célébration de son office. Ces dossiers sont communément désignés sous le nom de libelli. D'existence fort ancienne, ils étaient constitués pour la commodité du culte et la diffusion de la dévotion envers un saint particulièrement vénéré dans un centre de pèlerinages.

Les pèlerins les emportaient volontiers avec eux, pour garder un témoignage de leurs dévotions.Beaucoups de ces libellis ont disparu à cause de leur fragilité dûe à l'usure .

Le dossier de saint Saturnin contenu dans le manuscrit de la Bibliothèque Nationale (Nouv. Acq. Lat. 613) en est un des plus précieux car il nous donne l'intégralité des trois légendes qui ont été composées en l'honneur de Saturnin, en respectant leur ordre de création.