Cest à la découverte des fastes de
lorfèvrerie indienne que vous convie aujourdhui
lEnsemble Conventuel des Jacobins de Toulouse, qui a en effet le
privilège dêtre, avec lexposition
« Inde. Bijoux en or des collections du musée
Barbier-Mueller », le tout premier lieu en France à
révéler lintégralité de ce trésor,
daté de la fin du XVIIIè au XXè siècles,
parfaitement évocateur dune production artistique plusieurs fois
millénaire dont la statuaire et les représentations
figurées témoignent à toutes époques, du
raffinement.

Dans la civilisation indienne où lart exprime le sacré, les bijoux sont loin dêtre de simples ornements. Ils permettent didentifier le statut social de chacun mais sont aussi le signe dappartenance à une caste ou une religion. On leur prête, même, des vertus prophylactiques et apotropaïques.
Dès 2700-2000 ans avant J.C, lors de la civilisation de la vallée de lIndus, la célèbre figurine de Mohenjo Daro, richement parée, atteste déjà de ce goût prononcé pour les belles parures.
Sous les Maurya, lart de lorfèvrerie se développe grâce à la stabilité politique que connaît alors lInde, stabilité génératrice de prospérité et dabondance. Les témoignages des voyageurs qui visitent le pays à cette époque, senthousiasment devant lopulence du peuple indien et devant la profusion et la richesse de leurs ornements. Cet engouement ne se dément pas sous les dynasties suivantes. Lart de la joaillerie atteint son apogée sous le règne des Gupta avec lintroduction de nouveaux motifs et la mode denchasser des pierres chatoyantes sur un support en or. Il jouit des mêmes faveurs pendant les périodes suivantes, plus particulièrement sous lère Chola (IXè-Xè siècles) où les orfèvres et les joailliers affirment leur talent par limmense variété de leurs styles.
Larrivée des musulmans entraîne de grandes
perturbations politiques et des troubles sociaux. Lart de lInde en
souffre malgré quelques îlots de résistance. Les
envahisseurs, notamment sur le plateau du Deccan, imposent un style nouveau et
des décors différents à lorfèvrerie
traditionnelle indienne qui sait toutefois senrichir de ces nouveaux
apports.

Après la prise du pouvoir par les Moghols, au XVIè siècle, souvre une ère de stabilité propice à la création artistique dans tous les domaines, en particulier dans celui de la joaillerie. Limmense variété des formes des époques précédentes sétant perpétuée, les Moghols savent y apporter la perfection, tant dans lélégance des motifs, lincrustation des fils de métal que dans les décors émaillés aux vives couleurs et le sertissage de gemmes précieuses.
La collection de bijoux du musée Barbier-Mueller, couronnes, colliers, bracelets, ornements de bras ou doreilles, parure de cheveux en forme de tresse, peignes, pendentifs pour lessentiel proviennent du Tamil Nadu, du Kerala mais aussi du Rajasthan et dInde du Nord. Leur beauté épurée ou leur magnificence et la féerie de leurs matériaux témoignent de la continuité dune tradition fortement ancrée dans lâme indienne et de son évolution sur plusieurs milliers dannées.
