Le culte des martyrs et leurs restes corporels, ainsi que des reliques indirectes ou de contact, se développa d'abord dans l'Église d'Orient et, à partir du IIIe siècle, dans l'Église d'Occident. Rapidement, les reliques de la Passion, avec la découverte de la vraie Croix attribuée à sainte Hélène en 338 et 347, jouèrent un rôle de premier plan. A partir du Ve siècle, l'existence de la couronne et du roseau est attestée.
Si la libération des lieux saints et le pèlerinage au Saint-Sépulcre étaient, en apparence, au centre des préoccupations de l'époque, reprendre la Terre sainte aux Infidèles ne fut pas le seul objectif : on s'empara également des trésors accumulés durant des siècles, et pilla la " Jérusalem céleste ". L'inconscient collectif, le rêve de l'unité romaine poursuivi par la papauté, ainsi que les convoitises de Venise sur la métropole du commerce en Méditerranée ont amené les abus que l'on sait. Les fastes de l'Empire et les richesses de Constantinople ne pouvaient qu'exciter la cupidité des Latins, et le pillage systématique de reliques et d'objets luxueux fut aisément justifié. Le sac de Constantinople en 1204 est le principal facteur d'importation massive de reliquaires byzantins en Occident.
Grande était la réputation de l'Orient pour le travail de l'orfèvrerie, notamment de l'émaillerie. La production d'objets liturgiques est vaste et variée. Les études récentes tendent à démontrer que Constantinople n'avait pas le monopole de cette production. Le rôle des provinces reste cependant difficile à évaluer. Des ateliers, dont la production est supposée vers la fin du XIe siècle, devaient exister dans les villes importantes, comme Thessalonique (plaque de saint Démétrius de Berlin ) ou Corinthe, ainsi qu'aux frontières de l'Empire, dans les Balkans, en Géorgie, en Russie et en Italie.
En Occident, les trois foyers artistiques les plus actifs sont alors Paris, Venise et Assise, dès la mort de saint François, en 1225.
L'importation des reliquaires constantinopolitains a suscité plusieurs types de réactions : conservation de l'objet dans son intégralité, intégration sous une forme nouvelle et imitations.
En plus des reliquaires de luxe, circulaient d'Orient en Occident des objets à usage privé de production massive, tel les encolpia . Ces croix en bronze ou en feuilles d'argent sont généralement décorées d'un Christ en croix d'un côté et d'une Vierge de l'autre.
Au VIIe siècle, les pèlerins rapportaient des ampoules en plomb de Terre sainte, avec des représentations de scènes de la Passion. Cette tradition s'est poursuivie aux XIe-XIIIe siècles.
Dès le XIIIe siècle, on assiste également à un transfert de flacons de cristal de roche d'Égypte fatimide et d'ampoules en verre syrien, dont les montures ont généralement été réalisées en France ou à Venise.
Importantes sont les pertes de reliquaires travaillés en or et en argent. Seuls furent sauvés ceux qui renfermaient les reliques les plus vénérables. Cependant, la diversité des formes et la richesse des matériaux mis en oeuvre se laissent cerner. La plupart des pièces qui nous sont parvenues de cette époque du Moyen Age relèvent d'un haut niveau d'exécution. Assimilation, intégration et copies : telle sont les caractéristiques qui permettent de résumer cette ambiance culturelle de deux mondes chrétiens se rencontrant.
L'apport majeur de Byzance sur les mentalités occidentales et sur l'art du monde latin aura été de changer son rapport au sacré et d'oser présenter la relique, plus que de suggérer simplement sa forme, ainsi que d'architecturer ses reliquaires.
Si le pillage de 1204 représente une date clé, des oeuvres étaient déjà parvenues en Occident bien avant ; de même, l'importation d'objets se poursuivit encore jusqu'au dernier quart du XIIIe siècle.