Le pélerinage aux XIIe et XIIIe siècles


Pour parvenir en Orient, les pèlerins de l'Europe occidentale avaient, aux XIIe et XIIIe siècles, le choix entre trois itinéraires, l'un terrestre, un autre partiellement terrestre et partiellement maritime et le troisième entièrement maritime.

Plus longue mais plus sûre était la route par l'Anatolie occidentale puis méridionale. Arrivés à Antioche, capitale d'un duché chrétien, les voyageurs du XIIe siècle n'avaient plus qu'à gagner tranquillement Jérusalem.

Maquette d'un navire de Saint Louis. Marseille. Musée d'Histoire de Marseille

Le deuxième itinéraire était terrestre jusqu'aux grands ports méditerranéens puis maritime à partir de là. Les grands ports d'embarquement étaient Marseille, Gènes, Pise et, plus à l'Est, Venise, Bari et Brindisi. C'était l'itinéraire le plus fréquenté et assez vite une organisation du voyage fut mise au point.

A partir du XIIIe siècle, les pèlerins trouvaient des intermédiaires pour les accueillir et les mettre en rapport avec les patrons des navires. Le nombre des pèlerins était considérable car une nef ou une galère pouvait transporter plusieurs centaines de pèlerins. Le voyage n'avait lieu qu'aux beaux jours, entre le début de mars et la fin de septembre pour éviter les tempêtes de l'hiver. Si les vents étaient favorables, le trajet pouvait ne durer qu'un mois.

La troisième voie, entièrement maritime, concernait surtout les pays de Nord de l'Europe. Les pèlerins pouvaient s'embarquer dans les ports de Scandinavie, des Pays Bas ou d'Angleterre et gagner la Méditerranée par le détroit de Gibraltar. Le voyage pouvait durer jusqu'à un an et ne fut vraiment pratiqué qu'à partir du XIIIe siècle, quand les communications maritimes entre l'Océan et la Méditerranée se généralisèrent.