La quatrième croisade ne satisfait pas le pape Innocent III. Au concile du Latran en 1215, il fixe les règles d'une nouvelle expédition : ce doit être une armée chrétienne , une sainte armée de l'Église, organisée par la papauté, commandée par un légat. A sa mort en 1216, Honorius III son successeur reprend ses plans. L'appel de Rome trouve écho auprès de Léopold VI d'Autriche, André II de Hongrie auxquels s'adjoignent les Flamands de Gautier d'Avesnes et les Chypriotes d'Hugues I.
Tous sont transportés par mer et se retrouvent à Acre l'automne 1217. Après quelques coups de mains sans lendemain, certains se retirent (André de Hongrie en janvier 1218).
Au printemps 1218, Jean de Brienne, roi de Jérusalem, décide d'attaquer l'Égypte, adversaire principal des Francs , pour s'assurer ainsi une main- mise définitive sur la Terre Sainte .
En août 1218, la Tour de la Chaîne qui défend le Nil est prise. Mais le légat du pape, Pélage, refuse d'échanger Damiette contre Jérusalem, contre l'avis de Jean de Brienne. Il souhaite la conquête complète de l'Égypte. Le 5 novembre 1219 Damiette est prise d'assaut. Les croisés s'en disputent la possession qui revient finalement à Jean de Brienne. Les Sarrasins considèrent alors la Palestine comme perdue et en démantèlent les fortifications , jusqu'à celles de Jérusalem.
On attend pour avancer, Frédéric II, croisé depuis 1215. Mais lassé de la politique du légat, Jean de Brienne quitte l'armée en mars 1221. L'arrivée tardive de Louis de Bavière et du grand maître de l'Ordre Teutonique permet en juin la reprise de la marche sur le Caire.
Arrêtés par Mansûra et la crue du Nil, encerclés dans les marécages les croisés capitulent le 30 août et retournent librement à Acre contre la promesse d'évacuer Damiette.
Ainsi prend fin par un gigantesque échec la grande campagne d'Egypte, si heureusement commencée. Dans les Etats Latins, Acre devient dès 1222 le champ clos des rivalités devant lesquelles le roi, appauvri et sans moyens, est impuissant. En Occident l'empereur Frédéric II semble le seul recours.