L'armement des cavaliers n'a pas fondamentalement changé entre
l'époque de Charlemagne et celle de la première Croisade. Le
combattant est coiffé d'un casque, parfois doté d'un nasal, et
vêtu d'une cotte de mailles ou d'écailles protégeant la
tête, le tronc et -au moins en partie- les bras. Il porte au
côté un bouclier rond ou, depuis le Xe siècle, en forme
d'amande, ce qui présente l'avantage de couvrir le bas du corps. Il
dispose d'une épée à garde en croisette, à
poignée courte et lame large, à pointe mousse. Cette arme est
surtout destinée à distribuer des coups de taille, avec les deux
tranchants.
Le cavalier dispose d'une lance, d'environ 2,50 m, relativement
légère, qu'il brandit à bout de bras, ou à hauteur
de la hanche. Parfois, il projette cette arme comme un javelot. Toutefois,
à la fin du XIe siècle apparaît une escrime nouvelle,
appelée à se généraliser au XIIe : le maniement de
la lance en arrêt. Celle-ci est placée, au moment de charger, sous
l'aisselle du cavalier. Au moment de l'impact contre l'adversaire, la masse et
la vitesse du couple homme-cheval se conjuguent à la pointe de la lance
et lui confèrent une force de pénétration
considérable. Pratiquée par plusieurs dizaines voire plusieurs
centaines de cavaliers chargeant côte à côte, cette tactique
provoque la rupture du front adverse. En rase campagne , sur un terrain bien
dégagé, elle est considérée comme
irrésistible, notamment par les Byzantins et les Musulmans, qui la
redoutent et, en général, cherchent les moyens de s'y
dérober.
Durant le XIIe siècle, la cotte de mailles (haubert) se généralise par rapport à celle d'écailles. Elle s'allonge et se complète à tel point que, vers 1170, elle couvre totalement le combattant de la tête aux pieds, ne laissant à découvert que le visage. Vers la même époque, le devant du casque se prolonge par une plaque faciale, percée de trous pour la vision et l'aération. Bientôt, le heaume reçoit aussi un couvre nuque. Au début du XIIIe siècle, le guerrier possède un couvre-chef qui emboîte complètement la tête. Au début, le dessus est plat, ensuite il devient tronconique voire se termine en pointe mousse pour mieux défléchir les coups. Il se pare également d'un cimier, de nature décorative et héraldique.
Depuis le milieu du XIIe siècle, se répand l'usage des armoiries, qui permettent non seulement de reconnaître les origines et la parenté des combattants mais aussi de les identifier par unités tactiques lorsque celles-ci sont calquées sur le lignage.
Dans la seconde moitié du XIIe siècle, les guerriers de haut rang commencent à revêtir leur destrier d'un grand caparaçon de tissu armorié à leur blason. Parfois, mais le fait restera plutôt rare, ce caparaçon masque une couverture de mailles, qui protège entièrement le cheval. Le coursier de guerre lui-même est recherché pour sa haute taille et sa robustesse, qui en font tout le prix.